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Trottinettes en libre-service : pourquoi elles posent de nombreux problèmes

Écrit par sur mars 29, 2023

Ce dimanche 2 avril 2023, les Parisiens devront se prononcer sur l’avenir des trottinettes en libre-service dans la capitale. Faut-il ou non continuer à les autoriser ? Si plusieurs villes les ont déjà interdites (Toulouse, Nice, Villeurbanne, Barcelone, Montréal ou New York), le gouvernement français préfèrerait que leur usage soit régulé.

Pour que tous ceux qui s’interrogent sur la pertinence d’une telle interdiction, à Paris comme dans d’autres villes, puissent s’en faire une idée, il apparaît utile de passer en revue les avantages et inconvénients des trottinettes électriques, et tout particulièrement celles qui sont en libre-service.

Un mode de déplacement ludique et peu encombrant

Glisser sans effort au ras du bitume en profitant de fortes accélérations et d’une grande sensation de vitesse, se faufiler dans les embouteillages plus facilement qu’à vélo, pouvoir rentrer chez soi en pleine nuit quand on n’a pas de voiture, qu’on est trop fatigué pour pédaler, que les transports publics sont à l’arrêt et les taxis trop chers, ranger l’engin dans un recoin de son logement à l’abri du vol ou le laisser sur l’espace public : autant de plaisirs amusants et d’évidentes facilités qui ont de quoi séduire, notamment les adolescents et les jeunes, très friands de ces engins.

Rejoindre en trottinette une gare ou une station et l’embarquer dans un transport public sans difficulté grâce à son gabarit réduit et à son pliage facile constitue un autre avantage très apprécié. 15 % des déplacements en trottinette de location seraient ainsi réalisés en combinaison avec les transports publicsTous ces avantages suscitent actuellement un fort engouement pour les trottinettes électriques, dont le marché est en plein essor. Mais qu’en est-il de leurs inconvénients ?.

Un véhicule intrinsèquement dangereux

De par sa conception, la trottinette électrique est nettement plus instable et dangereuse qu’un vélo. Ses petites roues absorbent mal les pavés, les nids de poule et autres imperfections du revêtement.

Son faible empattement et la position du trotteur assez haute et au milieu du véhicule (alors que le cycliste est plus en arrière) augmentent le risque de basculer en avant. La plate-forme trop étroite oblige l’utilisateur à positionner ses pieds de travers, non sans conséquence. Enfin, une faible inertie des roues et du véhicule contraint son conducteur à tenir fermement le guidon des deux mains et rend l’indication d’une direction difficile.

La vitesse élevée des trottinettes électriques contribue aussi à les rendre dangereuses. Elle est certes limitée par la loi à 25 km/h et donc bridée par construction. Mais « pour libérer la puissance », de nombreux sites Internet expliquent comment parvenir à la débrider. D’autant que certains engins peuvent atteindre les 70 km/h ou plus !

À Paris, la ville a finalement exigé des trois opérateurs de limiter la vitesse de leurs véhicules à 10 km/h, sauf sur les grands axes (20 km/h). Les trottinettes personnelles n’étant pas concernées.

Sans surprise, les statistiques d’accident commencent à confirmer cette dangerosité intrinsèque.

Selon une récente étude de l’université de Californie, la trottinette électrique serait aussi dangereuse que le deux-roues motorisé et huit fois plus que le vélo. À Paris, selon un calcul personnel qui devra être affiné quand on disposera de statistiques plus précises, on y comptait trois fois moins de blessés graves et tués à trottinette qu’à vélo en 2019-2021… mais dix fois plus de cyclistes que de trotteurs au même moment, soit un risque d’être accidenté trois à quatre fois supérieur. À Lyon, toujours selon nos calculs, le ratio serait du même ordre.

Des accidents graves, un mode passif

L’Académie de médecine a récemment rendu public un rapport alarmant, L’accidentologie des trottinettes électriques. Selon ce document, les trois quarts des accidents ont lieu sans percuter d’autres usagers : le trotteur tombe tout seul, suite à une perte de maîtrise du véhicule due à un excès de vitesse, un manque d’attention, l’utilisation d’un portable, la conduite d’une main ou un obstacle.

Alors que le cycliste chute surtout sur le côté, le trotteur est plus souvent projeté en avant et heurte le sol avec la face, le casque étant dans ce cas peu utile (il faudrait un casque intégral, comme dans les courses de trottinette, en plein essor).