En Turquie, le maire d’Istanbul et principal opposant à Recep Tayyip Erdogan a été arrêté
Écrit par Jonathan PIRIOU sur mars 20, 2025
Selon le parquet, Ekrem Imamoglu est notamment accusé de “corruption”.Il avait été triomphalement reconduit il y a un an, cinq ans après son élection. Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, principal opposant au président turc Recep Tayyip Erdogan, a été interpellé avec plusieurs dizaines de ses collaborateurs, d’élus et membres de son parti, a annoncé le procureur de la ville, mercredi 19 mars. Selon le parquet, l’élu est notamment accusé de “corruption”. L’agence étatique Anadolu évoque également des accusations de “terrorisme” et d'”aide au PKK”, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, considéré comme une organisation terroriste par Ankara. Ekrem Imamoglu fait l’objet de deux procédures pour “corruption” et “soutien à une organisation terroriste”, a confirmé plus tard dans la matinée le ministre de la Justice Ylmaz Tunc.
Tous les rassemblements et manifestations ont été interdits jusqu’à dimanche par le gouverneur d’Istanbul et, selon la chaine de télévision privée NTV, la station de métro de l’emblématique place Taksim au centre d’Istanbul, a été fermée. L’accès aux réseaux sociaux est aussi ralenti. Özgur Özel, le président de son parti, a dénoncé “un coup de force pour entraver la volonté du peuple” et “contre le prochain président” de la Turquie.Dans une vidéo postée sur X(Nouvelle fenêtre), l’édile de 53 ans, en train de s’habiller et de nouer sa cravate, a dénoncé la fouille de son domicile : “Des centaines de policiers sont arrivés à ma porte. La police fait irruption chez moi et frappe à ma porte. Je m’en remets à ma nation”, déclare-t-il. Ekrem Imamoglu est seul en lice pour représenter son parti à la prochaine présidentielle prévue en 2028 et devait être officiellement désigné dimanche.
La France, par l’intermédiaire du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a exprimé sa “profonde préoccupation” après cette arrestation du principal opposant politique au président turc Recep Tayyip Erdogan, soulignant que cela pourrait avoir “des conséquences lourdes sur la démocratie turque”.